À Bordeaux, pourquoi les figuiers des trottoirs sont si difficiles à déloger
Une fissure entre deux dalles, un peu d’humidité, et un figuier prend pied au ras d’une façade. À Bordeaux, cette végétation spontanée se retrouve aujourd’hui dans plusieurs rues. Si ces jeunes arbres peuvent sembler décoratifs, leur croissance rapide pose des contraintes pour le passage des piétons et les abords des immeubles.
Une graine minuscule, un arbre résistant
Le figuier commun profite d’abord de la finesse de ses graines. Transportées par le vent ou les oiseaux, elles peuvent se glisser dans des interstices très étroits. L’eau de pluie qui ruisselle sur le trottoir leur apporte ensuite l’humidité nécessaire pour germer.
Pierre-François Roy, pépiniériste au Jardin des Intuitions, à Saint-Genès-de-Lombaud, souligne aussi sa grande résistance. Le figuier s’adapte aux sols pauvres et à l’extrême sécheresse. Il n’a pas besoin de froid pour germer, contrairement à la plupart des autres essences de la région.
Une coupe ne suffit pas toujours
En cherchant l’eau, l’arbre déploie des racines vigoureuses sous les dalles. Elles peuvent soulever une marche, fissurer une terrasse ou fragiliser le bas d’un mur. Même coupé au ras du sol, le figuier peut repartir depuis sa souche. Extraire le réseau déjà installé devient alors difficile sans ouvrir la chaussée.
Les spécialistes conseillent donc d’agir lorsque la tige ne mesure encore que quelques centimètres. Une extraction manuelle reste alors possible.
La Ville ne plante pas de figuiers et déconseille de les faire pousser, indique Didier Jeanjean, adjoint bordelais chargé de la nature en ville. Il rappelle la responsabilité des habitants pour leur pas-de-porte, tandis que le trottoir relève du domaine public géré par Bordeaux Métropole. Les dispositifs bordelais de végétalisation prévoient des plantes basses pour préserver le passage des piétons, mais aucun arbre.



