Magazine local Le Mag Bordeaux
Culture

Grand-Parc : une fresque de 300 m² sur la monoparentalité habille un immeuble

Éléonore Bachelot-Larrieu 2 min de lecture
Grand-Parc : une fresque de 300 m² sur la monoparentalité habille un immeuble

Si vous passez par le Grand-Parc, difficile de la rater : depuis une semaine, une fresque de 300 mètres carrés prend forme sur le flanc d’un immeuble de 35 mètres de haut. Aux commandes, perchée sur une nacelle, l’artiste anglaise de street art Hélène Bur. Le chantier est porté par l’association Exit.

Deux femmes enceintes, un thème du quartier

L’œuvre montre deux femmes enceintes, l’une à la peau noire et l’autre caucasienne, allongées tête-bêche sur un tapis couleur marsala. Le thème, c’est la monoparentalité. L’association voulait un sujet lié à la vie du quartier et a réuni plusieurs données socio-économiques. Hélène Bur a fait son choix. Selon l’Insee, les familles monoparentales représentaient 44,9 % des ménages du quartier en 2024.

Pour dessiner les contours de la fresque, l’artiste s’est appuyée sur une photographie prise pour l’occasion. Les deux modèles ne se connaissaient pas avant la séance. Julia, l’une d’elles, est venue voir le travail avancer et parle d’un « réel honneur de poser pour ce projet ».

Sur place, les automobilistes ralentissent et baissent leur vitre pour admirer le mur. Une habitante a applaudi les bénévoles en lançant : « C’est magnifique ! »

Des jeunes du quartier associés au chantier

Créée en 2014, Exit défend l’art urbain. D’abord installée à la Bastide, où ont été réalisées ses premières fresques, elle veut « se réapproprier l’espace public », explique son président, Luca Trimaldi. Le projet représente plusieurs dizaines de milliers d’euros. Il a fallu deux ans pour réunir les financements, avec des subventions, dont celles de la mairie, premier partenaire.

Quatre jeunes du quartier ont participé en amont et pendant le chantier : nettoyage du mur, sécurité, médiation avec les habitants. Ils ont aussi pu passer le Caces, le permis qui permet de conduire une nacelle. Exit travaille pour cela avec l’Union Bordeaux-Nord des associations de prévention spécialisée (Ubaps), qui aide à l’insertion sociale et professionnelle.

La suite : le projet « KifKif »

Cette fresque n’est que la première étape d’un projet plus large, « KifKif », mené avec le centre social et culturel Inten6T. Dix ateliers artistiques seront proposés aux jeunes du quartier dès novembre. Une semaine sera ensuite consacrée à une nouvelle fresque, qui devrait trouver place place de l’Europe. Luca Trimaldi y voit un « véritable musée à ciel ouvert, accessible à tous ».

Éléonore Bachelot-Larrieu

Partager cet article

Retour en haut