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À Saint-Caprais-de-Bordeaux, le Clos des Gommiers trouve sa place aux grandes tables

Éléonore Bachelot-Larrieu 2 min de lecture
À Saint-Caprais-de-Bordeaux, le Clos des Gommiers trouve sa place aux grandes tables

Un côtes-de-bordeaux à 37 euros la bouteille, lancé en pleine crise viticole : le pari de Paul Parlange a trouvé ses clients. À Saint-Caprais-de-Bordeaux, le propriétaire du Clos des Gommiers produit 7 000 bouteilles par an et écoule son stock sans difficulté ce dimanche 1er novembre. Son vin figure notamment à la carte de Geranium, à Copenhague, sacré meilleur restaurant au monde en 2022.

Trois hectares pour changer de voie

Avant de se lancer à son compte en 2020, Paul Parlange a travaillé près de vingt ans comme responsable technique au château Latour Camblanes. Un accord avec son propriétaire, le groupe Castel, lui permettait d’exploiter les 12 hectares de la propriété familiale, alors appelée château Campet. Il reversait deux tiers de la récolte au groupe et en conservait un tiers.

Mais il voulait produire autrement. Sur ces 12 hectares, il n’a gardé que les trois jugés les plus intéressants. Les autres ont été arrachés pour planter notamment du paulownia. À la vigne, il privilégie le travail du sol aux produits phytosanitaires. L’effeuillage et les vendanges vertes sont réalisés à la main. Il travaille presque toujours seul ou en famille.

Une identité qui voyage

Inspiré par François Mitjavile, Paul Parlange utilise des barriques neuves au grain extra-fin et ajoute régulièrement de l’oxygène pur pendant l’élevage. Le chai reste à 18 degrés toute l’année. Ce travail donne un vin aux tanins fins, à la complexité aromatique précoce, qui peut se boire jeune tout en se conservant longtemps.

Les premières bouteilles sont sorties en 2022. Clémence Parlange, directrice commerciale du domaine, a lancé leur distribution auprès de restaurants d’Alain Ducasse, dont Baccarat, Benoît et Allard. Des rencontres avec des importateurs ont ensuite ouvert des débouchés dans le nord de la France et en Europe du Nord.

Pour Clémence Parlange, l’identité marquée du vin et la rigueur du travail facilitent sa vente, malgré les réticences rencontrées localement envers l’appellation Côtes-de-Bordeaux. Le domaine prévoit d’atteindre 10 000 bouteilles annuelles d’ici quelques années.

Éléonore Bachelot-Larrieu

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